livre


Depuis le début de la série, « autofictions » est développé avec l'idée du livre comme modèle. Non seulement le récit global est construit comme un roman de vie, mais un grand nombre de pièces individuelles font directement référence au format du livre. Conçu en étroite collaboration avec les auteurs, le livre se présente donc lui-même comme aboutissement du projet original de l'artiste, et rend celui-ci accessible, au-delà du public traditionnel de l'art contemporain, à quiconque s'intéresse à l'histoire de la culture et de la contre-culture des années 1970, au design graphique, à la bande dessinée et à l'illustration populaire.

Le livre blanc autofictions n'est pas le catalogue de l'exposition en cours. C'est en fait l'une des œuvres de l'exposition elle même. Ou bien, si l'on veut, une autre exposition possible.
L'ordre des textes et des images de ce livre peut être comparé à celui des poèmes dans un recueil de poésie, ou à celui des nouvelles dans un recueil de nouvelles. Il n'est ni hasardeux, ni fantaisiste, ni rationnel, ni spatial, ni chronologique. Un texte a suggéré une image, une image a appelé un texte. Ainsi s'est élaboré ce livre.
Les textes présents dans ce livre ne sont pas au service des œuvres, ils ne les illustrent pas ni ne les expliquent. Ils ne parlent pas d'elles, ils parlent avec elles. Ils sont, eux aussi, des œuvres de plein droit.
Ce livre, ainsi, se compose principalement d'une série de reproductions de planches intitulées génériquement autofictions: certaines essentiellement visuelles, d'autres verbales. Ce montage d'œuvres visuelles et verbales engendre, comme tout montage, de nouvelles images, de nouveaux textes, des significations multiples. Le lecteur peut lire ce livre dans l'ordre, ce qui sera comme parcourir une exposition d'art, ou lire un livre, ou vivre. Il peut aussi le feuilleter dans n'importe quel sens, ce qui sera comme rêver d'une exposition après l'avoir parcourue, ou vivre une autre vie possible.