expositions / 2019

exposition LES INCONGRUS : 100Titres au Daily Bul & C°
La Louvière, Belgique

Du 26 janvier 2019 au 5 Juin 2019




À l’occasion du 10e anniversaire de la création du Centre Daily-Bul & C°, la galerie 100Titres présente une installation de fragments d'autofictions, sorte de réserve ou plutôt de réservoir de planches d'autofictions à venir, à advenir, à deviner.

Commissariat : Alain de Wasseige, agent d'art secret - autofictions

expositions / 2018

exposition HOP, Les ardoisières, Trélazé

 Novembre 2018 
collectif ateliers d'artistes Angers

 







21 soit 3 lignes de 7 planches, à hauteur du regard, sans chronologie particulière, mais selon le choix de celui qui a accroché. Passer d’un jour à l’autre, d’une année à l’autre, se perdre, revenir, passer …
En savoir plus : collectif ateliers d'artistes Angers

 

exposition Adverse 2018

Novembre 2018.

Suisse, Genève, Halle Nord, exposition collective autour de l'ouvrage DE TOUT BOIS, des Éditions Adverse





                                  Et laisser ouverte la porte. Courant d'air assuré. Sortir par derrière. Ouvrir.


Mai 2018.
exposition collective autour de l'ouvrage DE TOUT BOIS, édition Adverse.
école d'arts plastiques de Chatellerault.



expositions / 2018

exposition Adverse / Toulouse

Du 7 au 28 avril 2018
Dans le cadre de Festival Indélébile - les 10 ans, à Lieu-Commun, Artist Run Space.Toulouse

Une exposition collective autour de l'ouvrage DE TOUT BOIS, édition Adverse.
Avec des œuvres d'Olivier Philipponneau, Olivier Deprez, J. & E. LeGlatin, Jérôme Puigros-Puigener, Ronald Grandpey, DoubleBob, Joëlle de La Casinière, Michel Vachey, Robert Varlez, Loïc Largier, Jean-Michel Bertoyas & Léo Quievreux, Barthélémy Schwartz, Claire Nicolet, Autofictions Marquet, L.L. de Mars, C. de Trogoff, Guillaume Chailleux et Loren Capelli.

 

 

exposition Adverse / 100 titres / Bruxelles



Du 10 mars  au 1er avril 2018
ADVERSE, à la galerie 100 Titres, Bruxelles
Bande dessinée contemporaine et poésie graphique. Dessins, planches, peintures, installations, livres d'artistes, performances, projections, librairie, ateliers.



https://adverse.livre-avenir.org/#de-bois-anthologie-collectif




La galerie 100 Titres offre une carte blanche aux éditions Adverse. Essentiellement consacré à la bande dessinée de recherche ou encore expérimentale, le travail d'Adverse vise à associer décadrage historique, création contemporaine et critique dans un même élan, ainsi qu'à établir des jeux d'échos fertiles avec d'autres champs de la création, notamment la poésie graphique des années 70.
Adverse a ainsi élaboré un programme à l'image de son catalogue, associant des artistes précurseurs des années 1970 (Robert Varlez et L'Atelier de l'agneau, Joëlle de la Casinière et le Monfaucon Resaerch Center, Michel Vachey)  à une nébuleuse internationale d'artistes contemporains issusde la bande dessinée ous'intéressant plus largement aux rapports texte/image et image/image.
Soucieuse d'éviter l'écueil de la "muséification" de la planche (intrinsèquement destinée à l'édition), l'exposition cherche plutôt à valoriser les tendances plastiques voire picturales, les logiques sérielles, l'affiche ou encore les déploiements dans l'espace, et tentera des approches transversales entre installations, projections, performances, ateliers et mise en scène de livres d'artistes des années 1970 à aujourd'hui.

Avec des oeuvres de : Rosaire Appel,  J.-M. Bertoyas, Loren Capelli, Guillaume Chailleux, Joëlle de la Casinière, Olivier Deprez, DoubleBob, Ronald Grandpey, Loïc Largier, J & E. LeGlatin, Aurélien Leif, Noémie Lothe, Judith Mall, Jean-Pierre Marquet, L.L. de Mars, Claire Nicoley, Olivier Philipponneau, Jérôme Puigros-Puigener, Léo Quievreux, Barthélémy Schwartz, C. de Trogoff, Michel Vachez, Robert Varlez....



Conception et coordination : Alexandre Balcaen, créateur d'Adverse.

textes 2017






Pourquoi brouiller les pistes ?
 Alain de Wasseige

Jean-Pierre Marquet titre ses planches, généralement, en haut, au centre de chacune d’elles. Auraient-elles donc un sujet, une thématique qui se développerait par adjonctions d’éléments les plus divers en rapport avec l’énoncé premier ? Nenni. Au cours du développement de son œuvre (ses milliers de feuillets A3), les voilà qui, sous le regard d’un autre que l’artiste lui-même, prennent de plus en plus de distance avec un quelconque récit ou avec un propos séquentiel.

Marquet nomme, mais corrige aussitôt. Il barre son titre. En ajoute d’autres, souvent par associations et jeu sur les mots-sens. Très rapidement il délaisse son point de départ sans le gommer tout à fait. Il préfère les bifurcations, surtout celles qui semblent sans rapport avec la motivation-intention initiale. Bref, il brouille les pistes. Et cependant n’affirme-t-il pas que ses grandes pages de carnet sont des autofictions ! Bon courage à ceux qui voudraient tenter de cerner quoique ce soit de ce qui fait l’existence de leur auteur ou de ce qui le hante.

Les plus renommés des analystes auraient bien du mal lors des consultations de ces planches. Quant à l’analyse elle-même, elle pourrait durer, sans garantie de résultat, bien plus des cinq ans habituels. C’est que l’intention, l’idée de départ, la motivation s’amorce avec l’énoncé, c’est pour s’en éloigner aussitôt. A la personne habituée à fréquenter les autofictions littéraires, Marquet leur dit (à sa manière) : à me chercher vous faites fausse route. Ce n’est pas de moi qu’il s’agit. Mon propos est ailleurs. Et si je brouille les pistes ce n’est pas pour m’effacer, mais pour vous mener dans la mise en rapport, parfois dans la confrontation d’éléments plastiques les plus divers (écritures et ratures, dessins et remords, emprunts et empreintes, affirmations, doutes, dénégations et questionnements). Un espace où toute hiérarchie de valeur est sans objet. Le banal y côtoie le plus mûrement réfléchi. Le quotidien jouxte le patrimonial, l’essence se coltine à l’existence, la culture savante à la culture de masse. Où tout repère et toute organisation, cohérence apparente et structuration préétablie se dissipent rapidement puisque nous n’avons droit qu’à des fragments sans autres liens que des liens plastiques de formes, de matières, de couleur, d’occupation de l’espace, etc.    

On pourrait prendre cela pour de la pudeur. Nenni encore. Nous serions encore sur une fausse piste. Puisqu’elle nous renvoie, elle aussi, à son auteur.  

Il apparaît de plus en plus que les autofictions de Jean-Pierre Marquet sont en quelque sorte des auto-frictions. Cette rencontre, étonnante, recherchée sans doute, on ne peut plus fugace, (l’œuvre rend compte de cette évanescence), cette rencontre-reconnaissance des pans les plus épars de nos existences. Déclenchant confrontations, allusions, associations, emmêlements, adjonctions, superpositions, confusions choisies dans une palette de climats qui vont de la vigueur à la poétique dans un dialogue incessant entre morceaux d’images et bouts de réflexions. 

Pourquoi tous ces brouillons ?
Les personnes peu habituées à la fréquentation de l’art contemporain s’étonneront peut-être que Jean-Pierre Marquet s’en tienne en permanence à des « brouillons ». Non content de brouiller les pistes, il se cantonne à de permanentes ébauches. Non seulement il ne finit rien, mais il rature, il barre, il griffonne. Se livre à de perpétuelles esquisses d’un projet qui n’en finit jamais. Mais où veut-t-il donc en venir ? 

En art, comme en toute chose, sous le désordre et le doute, s’infiltre un souci, une préoccupation, ou, plus positivement, une recherche, voire le cœur même d’une démarche. Dans le cas qui nous occupe : être au plus près de la spontanéité du geste, du choix des matériaux, du mouvement (son inscription sur la page) et du rythme, du souvenir, de la trace, des repères, etc. Pour cet artiste, l’œuvre finie n’est autre que la cohérence en devenir dans l’esprit du lecteur-visiteur des multiples effervescences (geste et esprit étroitement associés) qui permettent de réunir dans de mêmes gestes-temps : élaboration et mise en œuvre. Cela donne d’infinies pages de carnet pour cerner au plus près les cadences alternées et contrastées qui sont le cœur même de la création. Leur pulsion. Leur vigueur initiale, fut-elle imparfaite et fragmentée en éclairs-éclats successifs. Oui l’œuvre de Marquet rend compte des effets immédiats des fissions qui se propagent sur la feuille de papier aussitôt qu’il aborde l’une ou l’autre thématique. Normal dès lors que celle-ci s’efface dès le moment (mais c’est très rapide) où, à peine inscrite, elle implose sous l’effet conjugué de la pression de sa propre multiplicité.

Alors que la plupart des artistes font le vide pour ne retenir que le cœur même de leur projet, Marquet, au contraire, prend en considération toutes les interférences, parce qu’il considère qu’elles font, telles quelles, sans ajouts ni développement, partie intégrante du temps de l’œuvre et qu’elles ont donc droit de se déployer dans l’espace à l’égal du propos premier. Mais pour autant qu’elles demeurent, elles aussi, à l’état d’esquisse et d’allusion, parachevant à leur manière ces étonnants brouillons que sont ces Auto-frictions.

AdW